L’histoire de la BD et son business

 

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A l’occasion de l’ouverture du 46 -ème Festival International de la BD d’Angoulême je vous propose de revenir sur l’histoire de ce support et d’analyser son poids économique. Découvrons comment est née la Bande Dessinée que nous avons tous eu entre les mains et qui nous a fait rêvé.

L’histoire de la bande dessinée :

L’origine exacte donne lieu à une bataille outre Atlantique entre les Etats-Unis et la Suisse.

Du côté américain Outcault dessina en 1896 le personnage de Yellow Kid. Il fut le premier a avoir un texte inscrusté sur lui. Mais le suisse Rodolphe Töpffer aurait créé la littérature dessinée en 1833. En effet, l’Histoire de Monsieur Jabot est relatée par une succession d’images avec un changement de cadrage. Il mit au point l’autographie : un process pour faciliter la diffusion en masse de son travail.  La naissance semble être européenne mais le développement de son business se passa outre Atlantique. Dans les années 1890, les grands patrons de presse (dont Pulitzer et Hearst) se mènent une guerre commerciale. Ils investissement en masse dans les outillages et les dessinateurs. En 1895 Hearst a créé le premier « Syndicat » pour les dessinateurs. La photogravure va permettre de reproduire plus facilement la couleur.

Au XXème siècle la bande dessinée s’ouvre sur de nouveaux horizons : aux strips pour garçons, aux strips pour filles, aux BD aventures. Puis dans les années 30 les bandes dessinées sont regroupées dans des petits livres. Les Comics Books sont nés. Les supers héros apparaissent comme Superman. A la même époque en Europe, la BD se développe fortement en France et en Belgique. Les BD les plus vendues sont Tintin, Lucky Luke, Spirou, Black et Mortimer. Les dessinateurs sont belges. En France les éditeurs ont boudé ces dessinateurs car ils méprisaient le genre. Les éditeurs belges ont été plus audacieux et ont décelé le potentiel du marché français en matière d’édition et de réédition des albums. En outre les professionnels belges sont influencés par le travail d’Hergé et de Franquin qui mettent en relief le mouvement, l’action. Un autre ingrédient de leur succès en France est un ingrédient que chaque entrepreneur doit utiliser avec son marché pour conquérir des clients. Il s’agit de l’ADAPTATION AU MARCHE. Comment des dessinateurs peuvent s’adapter à leurs lecteurs ? En immergeant les personnages dans l’univers familier du lecteur. L’enfant s’identifie plus facilement et rapidement aux héros. Comment les dessinateurs ont fait ? Par exemple les policiers portent des uniformes français et non belges. Contrairement aux Etats -Unis où la BD est apparue dans la presse, en Belgique et en France les bandes dessinées sont directement vendues sous la forme d’album. Il s’agissait souvent de cadeaux de communion. Les années 60 vont souffler un vent de modernisme avec des couleurs plus flashies, des ouvrages destinés aux adultes ou avec des messages politiques.

Et son business ?

Qui a dit qu’on ne lisait plus ? Qui a dit que les jeunes ne lisent plus ?  Surement pas les professionnels de la BD car les chiffres de ventes sont très bons. La BD est le support qui a connu la plus grosse progression tous produits confondus de l’industrie du livre. La progression est de +2,5% sur l’année 2018. En effet 44 millions d’albums se sont vendus soit plus d’un million d’exemplaires qu’en 2017!!! C’est la meilleure année depuis 15 ans. Champagne !!! Le chiffre d’affaires est de 510 millions d’euros contre 500 millions d‘euros l’année précédente.

Que lit t’on ?

Les mangas sont les moteurs du marché de la BD. Plus d’un album sur trois vendus est un manga. La part de marché est de 38% avec une progression de 11%. C’est colossal. Il fort probable que les ventes de mangas en 2019 vont s’intensifier car
Rumiko Takahashi est la lauréate du Grand Prix du Festival Internationale de la BD d’Angoulême.

Les BD de genres (sciences fictions…) occupent la seconde place (part de marché de 31%) avec une baisse des ventes de 2%

Les BD jeunesse représentent près d’un quart des ventes.  

Les Comics représentent les 6% restant. Les supers héros ont boosté les ventes de 5%.

Quand achète t’on nos BD ?

Deux périodes boostent les ventes. L’été (vive les vacances). Qui n’a jamais lu de BD en vacances chez Papi et Mamie ? Ainsi l’été 2018 particulièrement chaud a connu une progression de 13%.

Le mois de décembre permet aux professionnels du livre de bien finir l’année. Les BD ont été nombreuses cette année sous le sapin car les achats sur le dernier mois de l’année ont bondi de 5% par rapport à 2017.

Le Top 5 des ventes de BD en 2018

1/ Lucky Luke : un cow boy à Paris (319 000 albums)

2/Blake et et Mortimer : La vallée des immortelles (281 000 albums).

3/L’arabe du futur : une jeunesse au Moyen Orient (217 000 albums)

4/Dans la combi de Thomas Pesquet (164 000 albums).

5/Les vieux fourneaux : bons pour l’asile (157 000 albums)

L’infographie ci-dessous résume l’article.

 

L'histoire et le business de la BD
L’histoire et le business de la BD

Et vous, quelles sont vos BD préférées ? Combien en achetez-vous par an ?

La Rose Des Ventes

Cabinet de conseil en stratégies commerciales éthiques

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10 réponses sur “L’histoire de la BD et son business”

  1. Ahhhh c’est sympa de relire l’histoire de la BD !!! J’avais fait mon mémoire de Master sur les onomatopées et les interjections dans la BD donc forcément je suis passée par la case « histoire » pour bien comprendre le comment du pourquoi (ou l’inverse) 😉

    Perso j’achète moins de BD qu’avant, mais j’en achète quand même ^^en général, j’achète Titeuf, Astérix, ou alors des BDs de filles lol, comme Diglee ou Margaux Motin (encore que ça fait un bail qu’elles n(ont rien publié de nouveau) 😉 Et peut-être un jour… Moi ? 😀
    En fait, je fouine un peu au rayon et quand une couverture m’attire, je feuillette. Si ça m’a l’air sympa j’achète, sinon je repose ^^
    Chez moi j’ai beaucoup de Garfield, Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Petit Spirou, les Profs, Titeuf, Astérix et Léonard 😉

  2. JE n’ai jamais acheté de BD. J’en ai lu il y a longtemps grâce à une amie fan. Je suis rentrée pour acheter une bricole dans une minuscule librairie il y a une semaine et je suis restée scotchée devant la beauté des BD qu’il y avait dedans. Ca m’a donné envie d’en acheter. Ton article enfonce le clou et je pense m’y mettre sérieusement. L’univers de la BD est tellement large que je pense que quelques soient les goûts, tout le monde peut y trouver son compte !

  3. Je m’étais un peu éloignée du monde de la bd à une période mais depuis quelques années je suis entourée de pas mal de dessinateurs de ce milieu et j’ai bien remis le nez dedans ! J’aime bien les trucs humoristiques, sf, biographiques…
    Emil Ferris oblige en dernière lecture !

  4. Comme beaucoup, j’ai lu les Asterix et les Lucky Luke qui étaient chez mes parents, mais je n’ai jamais acheté de BD pour moi. Pourtant j’adore lire et je n’ai rien contre le format. Mais c’est un monde tellement grand, entre les comics, les mangas, les BD plus classiques… J’avais beaucoup aimé les Rubriques à Brac que ma maman avait… Il faudrait vraiment que je m’intéresse un peu plus à cet univers parce qu’au fond je suis d’accord avec Nadia et toi, sûre qu’il existe une BD faite pour moi 🙂

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