Les origines et business des cahiers de vacances

Temps de lecture : 4 minutes

Près d’un élève sur deux va troquer ses cahiers pour son cahier de vacances. En effet les portes des écoles viennent juste de se refermer. Le casse-tête des parents commence. Comment occuper nos têtes blondes pendant 2 mois ? Certains optent pour les colos ou les vacances chez les Papis et Mamies … Pour meubler les journées près d’un enfant sur deux opte pour le cahier de vacances. Quels sont les origines de ce drôle de cahier qui a accompagné les étés de générations d’écoliers ?A quand remonte le « traumatisme » des révisions estivales ? Quel instituteur voulait traumatiser ses élèves toute l’année ? Vous découvrirez ensuite son business.

Les origines :

Détrompez-vous les origines ne remontent pas du corps enseignant mais d’un industriel de la papeterie scolaire. En effet Monsieur Roger MAGNARD des éditions MAGNARD accusait une baisse sur les segments haut de gamme après le krach de 1929. Le phénomène s’accentua jusqu’à la rentrée du 1 Octobre 1932. Il cherchait une solution pour arrêter l’hémorragie et créer un second pic d’activité. Le salut vint d’une rencontre avec  la maison d’édition L’ECOLE DES BONS LIVRES qui deviendra ensuite L‘ECOLE DES LOISIRS. Cette entreprise édite Les Devoirs de vacances. Il s’agit de cahiers de petite taille remplis d’exercices à effectuer entre deux classes.  Monsieur MAGNARD repris l’idée mais en l’agrémentant en rendant la corvée ludique. En effet « Les cahiers de Loulou et Babette » proposent en 1934 des coloriages, des collages, des devinettes pour travailler en s’amusant. Il s’inspire de ses propres enfants Louis et Elisabeth. Dans un premier temps ils sont vendus en Creuse (où est situé l’entreprise) et dans les départements limitrophes. « Il espérait rentabiliser ses cahiers à hauteur de 6 000 ou 7 000 exemplaires, il en a vendu 50 000 la première année », confie la petite fille de Roger Magnard à France Bleu.

La seconde Guerre :

Ensuite pendant la Seconde Guerre Mondiale les cahiers furent interdits car ils proposaient des coloriages de drapeaux anglais et un poème nommé « Liberté ».

Les années 50 :

Puis afin de récompenser les élèves méritant la maison d’édition offre de grosses récompenses (vélos, télévision…). En 1956 le premier prix était un Renault 4CV

Les années 70 :

Plus tard les années 70 furent synonymes d’avènement des supermarchés et des hypermarchés. Les concurrents arrivent sur ce marché rendant le cahier de vacances très concurrentiel.

Les années 80 :

Puis dans les années 80  les éditions MAGNARD arrête les jeux concours pour se concentrer sur la promotion sur le lieu de vente.

Le marché actuel :

Les chiffres :

Aujourd’hui, le marché du cahier de vacances est concentré sur 5 éditeurs principaux. Ils bénéficient d’un taux de pénétration élevé car plus de 44% des écoliers et collégiens les remplissent chaque été. En effet 4.5 millions d’exemplaires étaient vendus en 2017 alors que 10.11 millions d’enfants étaient scolarisés. Leurs achats représentaient un chiffre d’affaires pour le secteur de plus de 25.3 millions d’euros. Le prix moyen observé était de 5.60€ en 2017 contre 5.70€ en 2016. Ces chiffres proviennent du cabinet GFK

Les utilisateurs :

Qui sont les enfants qui remplissent tous les étés les pages des cahiers de vacances ?

La moitié des ventes se font pour des élèves d’école dont 30% pour les maternelles.

Seuls 15% des collégiens remplissent les cahiers de vacances.

Pour élargir leurs marchés les éditeurs se tournent également vers les adultes. Cette niche est en plein développement avec une croissance de 10% entre 2016 et 2017. Ce marché représentait 5% des ventes totales de cahier de vacances.

L’organisation :

Les acteurs historiques et principaux sont MAGNARD, HACHETTE, NATHAN et HATIER. De nouveaux intervenants tentent de se faire une place sous le soleil estival mais c’est difficile car les leaders bénéficient de leur notoriété. Malgré cela les éditions AUZOU essaient de pénétrer le marché en proposant des cahiers sous la licence Ptit Loup.

Les contraintes :

L’offre :

Les éditeurs sont contraints par les programmes scolaires et par les attentes des parents qui recherchent une solution pour faire réviser leurs enfants. L’innovation est donc délicate.  Pour se différencier les acteurs proposent différents modèles :

les cahiers traditionnels :

Il s’agit des cahiers qui jouent le rôle de réassurance en faisant réviser les enfants. Ils représentaient 52% des ventes en 2017.  

les cahiers ludiques :

Les écoliers résolvent des énigmes en utilisant les notions acquises l’année précédente. 30 % des ventes se portaient sur eux en 2017.

les cahiers sous licences :

Les héros des dessins animés et séries accompagnent votre enfant dans ses exercices. Ils représentaient 12% des ventes en volume en 2017. HATIER a édité son Cahier Le Petit Nicolas. Celui de NATHAN est à l’effigie de C’est par sorcier.

La saisonnalité :

Comme son nom l’indique les ventes se déroulent l’été. Comme de nombreux marchés celui du cahier des vacances subit également un raccourcissement de sa période de vente. Auparavant les ventes se déroulaient équitablement en Juin et en Juillet. Aujourd’hui les ventes se concentrent sur la quinzaine qui suit la fin des cours.  

La communication :

Les éditeurs de cahier de vacances ne peuvent pas promouvoir leurs produits à la télévision. Ils optent pour une communication digitale ou sur le lieu de ventes. Ils sont également recours aux jeux et aux concours.

L’infographie ci-dessous résume l’article 

Le marché des cahiers de vacances
Le marché des cahiers de vacances

Et vous achetez-vous un cahier de vacances à vos enfants ?

Achetez-vous un cahier de vacances pour adultes? En tant qu’entrepreneur utilisez vous le cahier de l’entrepreneur pour faire le bilan de votre année et réfléchir à votre prochaine stratégie ?

 

La Rose Des Ventes,

Cabinet de conseil en stratégie commerciale éthique.

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8 réponses sur “Les origines et business des cahiers de vacances”

  1. Un article interessant. Les cahiers de vacances, une idée de génie. Ils permettent aux enfants d’apprendre tout en s’amusant. Ca leur évite de passer de temps devant la télévision ou Youtube. Ils développent créativité et imagination.
    Et arrivent même à nous surprendre !

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