Les origines et business des crèmes solaires

Temps de lecture : 5 minutes

Poursuivons le décryptage des produits de l’été. Après avoir analysé les marchés des cahiers de vacances, des Mölkky je vous propose de nous pencher sur un autre incontournable : la crème solaire. Elle est notre alliée de l’été pour nous éviter les coups de soleil et les cancers de la peau. Mais connaissez vous les origines de ce produit du quotidien ? Connaissez-vous son business ? Non je vous ne dirai pas quelle lotion utiliser car je ne suis pas un dictateur et je n’ai pas les connaissances techniques pour le faire. En revanche je vais tenter de vous expliquer comment des petits laboratoires essaient de se faire une part au soleil. Mais avant remontons l’Histoire de quelques dizaines d’années pour comprendre les racines de ce marché.

Les origines des crèmes solaires :

D’après vous à quand remonte la pratique de l’application de la crème solaire ? Quand on remonte le fil de l’Histoire on constate rapidement que la bourgeoisie et la noblesse se blanchissaient la peau pour montrer leur rang social. Les paysans qui travaillaient par tous les temps dans les champs étaient bronzés par le soleil. Ces pratiques étaient répandues à la Renaissance. Quelques siècles plus tard c’est l’inverse. Nous recherchons à être bronzé pour montrer que nous partons en vacances. Le succès des cabines à UV répondait également à ce besoin. Le changement de pratique vis-à-vis du soleil est synchrone avec les congés payés.

Les origines de la crème solaire :

1935 :

Le père de la première solaire est le chimiste et fondateur de L’Oréal : Eugène SCHUELLER. En effet il ne supportait pas d’avoir des coups de soleil lors de ses sorties en mer. Ses recherches l’amenèrent à créer l’AMBRE SOLAIRE en 1935. Il la vend le premier été sur la Côte d’Azur puis sur la France entière l’année suivante. La première crème solaire accompagne les premiers congés payés. La presse féminine fait l’écho en 1937 avec le titre de Marie Claire « Brunir vite ». A cette époque les produits protégeaient des brulures mais ne protégeaient pas des UVA ni des UVB. L’AMBRE SOLAIRE rencontre très rapidement son public grâce à son nom évocateur de soleil, de son odeur et sa couleur ambrée. Son flacon cranté pour une meilleure prise en main est évocateur du produit.

1948 :

Suzy : la Pin-up en maillot de bain deux pièces et accompagnée de son chapeau est photographiée en taille réelle puis est placée à l’entrée des magasins.

1957 :

Naissance du premier écran haute protection.

1962 :

Arrivée de l’indice de protection solaire créé par Franz GREITER.  Cet indice permet de quantifier la capacité d’un produit à bloquer les rayons UV à la surface de l’épiderme. Il est difficilement utilisé car la société demande un bronzage rapide.

1970 :

La graisse à taire est très utilisée car elle permet d’avoir le même bronzage halé que les mannequins des magazines. Ce produit n’apporte aucune protection contre les UV

Années 80 :

Différentes études prouvent l’implication des rayons du soleil dans le vieillissement de l’épiderme et les cancers de la peau. L’OMS préconise les protections solaires.

Années 2000 :

Les laboratoires ont travaillé les textures pour les rendre plus agréables.

Les crèmes solaire deviennent «aqua friendly » et connectées

Le marché des crèmes solaires en 2013 :

En France, le marché des crèmes solaires pèsent plus de 264 millions d’euros soit plus de 15 millions de flacons partagés entre :

      • Les GMS : 118 millions d’euros
      • La parapharmacie : 118 millions d’euros
      • Les parfumeries : 28 millions d’euros

Près d’un français sur quatre achète un produit solaire par an.

Les derniers chiffres du marché des crèmes solaires remontent à 2013. Le marché est resté très concentré car quatre marques détiennent plus de 80% du marché de la grande distribution :

      • AMBRE SOLAIRE : 35 % de Part De Marché
      • NIVEA : 29.5 % de PDM
      • L’OREAL : 10 % de PDM
      • LOVEA : 7.2 % de PDM
      • Les autres 18.3% de PDM

Les attentes des consommateurs :

Qu’attend-on de notre crème solaire ? Qu’est ce qui nous  fait choisir l’une ou l’autre ?

Les principaux critères d’achat sont :

      • L’indice élevé,
      • La nouveauté,
      • Le confort d’utilisation…

Les conséquences environnementales sur les coraux :

Malheureusement notre protection solaire nous protège mais dégrade notre environnement. En 2015 une étude est parue dans la revue Archives of Environnemental Contamination and Toxicology. Elle démontre que les produits solaires contiennent des substances chimiques qui détériorent les coraux. Une seconde étude prouve après 20 minutes de baignade 25% de la crème solaire est dissout dans l’eau. Il est estimé que plus de 25 000T de produits solaires se déversent dans les mers et les océans. 4 000T de crèmes solaires par ans détruisent les coraux. Les répercussions sont présentes sur les micros algues puis sur le phytoplancton entraînant la mort des poissons et des dauphins.

Face à ses ravages des laboratoires mettent en place des formules aqua friendly. Malheureusement il n’existe pas encore de norme internationale sur ce sujet. De nombreuses entreprises françaises se démarquent pour avoir une démarche plus éthique et écologique que les groupes industriels. Je vous propose d’analyser les stratégies de ces entreprises pour se démarquer. Je ne m’intéresse qu’à l’aspect stratégie commerciale. De nombreux articles et comparatifs évaluent leurs efficacités.

ALPHANOVA :

En plus de proposer des produits naturels et bios l’entreprise reverse 1% de son C.A pour la protection des coraux. Son programme se nomme 1% pour le corail. Ce programme est en place depuis le 1er Janvier 2019. L’entreprise a déjà reversé 12 000€ pour aider la réserve de St Martin dans la restauration des coraux.

AVENE :

Les laboratoires AVENE mènent différentes actions sociétales liées à la santé (pour le dépistage des cancers de la peau…). Le département solaire a lié le partenariat PUR PROJET pour la restauration de massif corallien en Indonésie. A la fin 2017 1 855 coraux ont été réimplanté avec un taux de survie de 97%.

EQ :

L’entreprise vend également des produits bios et non écotoxiques pour le milieu aquatique. L’entreprise tisse un partenariat avec l’association WATER FAMILY. Il s’agit d’une association qui sensibilise plus de 150 000 enfants sur la gestion de l’eau pour avoir une consommation responsable. L’entreprise commercialise également des cosmétiques et des accessoires de sport. Les produits solaires bénéficient du réseau de distribution des accessoires de sport.

LES LABORATOIRES DE BIARRITZ :

Cette entreprise est également conçue par deux surfeurs amoureux des océans. Ils commercialisent des produits bios fabriqués en France. Ils sont également membre de l’association RespectOcean. Il s’agit d’un réseau d’acteurs qui s’engagent pour un développement économique durable en faveur des océans.

SEVENTYONE PERCENT :

L’entreprise co-fondée par deux surfeurs porte le pourcentage des océans sur Terre et d’eau dans notre corps. Elle propose des produits solaires et de soins respectueux du milieu marin. Les emballages sont recyclables. L’entreprise reverse 1% des bénéfices à l’association Vision du monde (éducation des enfants en zones sinistrées)

UV BIO : 

En plus de proposer des produits bios et végans fabriqués en France, l’entreprise n’utilise pas de suremballage. L’entreprise opte pour une stratégie commerciale digitale en tissant des partenariats avec des blogueuses, des influenceuses et des marketplaces.

 

Connaissez-vous d’autres entreprises de cosmétiques solaires engagés dans une démarche de respect de l’environnement ?

Que pensez-vous de ces différentes démarches ?

Ces pratiques vous influenceront elles pour vos prochains achats de produits solaires ?

 

 

La Rose Des Ventes

Cabinet de conseil en stratégie commerciale éthique

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8 réponses sur “Les origines et business des crèmes solaires”

  1. Très intéressant. Je ne m’étais jamais arrêtée à connaître l’origine de la crème solaire, produit que j’utilise quotidiennement. Le médecin m’a d’ailleurs dernièrement prescrit de la vitamine D. On se protège tellement contre le soleil et souvent on l’évite… et plutôt difficile de trouver dans l’alimentation.

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