Les origines et business Halloween

Temps de lecture : 6 minutes

A quelques  jours d’Halloween je vous décrypte les dessous de cette tradition. Cette fête qui  est un véritable business aux Etats-Unis a toutes les peines du monde à s’installer en France. Connaissez-vous les origines de cette tradition? Vient-elle vraiment des Etats-Unis ? A quand remonte-t-elle ? Quels secteurs tirent leurs épingles du jeu ? Promis à la fin de l’article vous ne verrez plus les fantômes et les citrouilles du même œil.

Les origines d’Halloween :

Certes la fête d’Halloween est très populaire aux Etats-Unis mais elle n’est pas originaire du pays de l’oncle Sam mais d’Irlande. En effet, Il s’agissait du nouvel an celtique il y a 3 000 ans. A cette époque, l’année ne se finissait pas le 31 Décembre mais le 31 Octobre. Cette nuit était dédiée au dieu de la mort (Samain ou Samhain). Les légendes racontent que lors de cette nuit les fantômes viennent hanter les vivants.  Afin d’être tranquilles les celtes prirent l’habitude de se déguiser de manière terrifiante pour faire peur aux fantômes. Ils décidèrent d’en faire une vraie fête pour prouver leur courage aux fantômes.

Au IX ème siècle les catholiques décident que la Toussaint sera le 1er Novembre.  En anglais Halloween est le diminutif de « All Hallows Eve » (le soir de tous les saints). Halloween doit donc être la veille de la Toussaint le 31 Octobre.

les origines d'Halloween
les origines d’Halloween

Les Irlandais se costumaient et décoraient leurs maisons et jardins de navets sculptés. Mais pourquoi un navet ? Cette pratique est en référence au comte « Jack o’ Lantern » (Jack à la lanterne).

Pour rappel Jack était un ivrogne fainéant. Un soir, il rencontra le diable qui tenta d’acheté son âme. Pour cela il lui proposa un marché son âme après un dernier verre. Pour cela le diable se transforma en pièce pour que Jack puisse se payer son dernier verre. Dans un élan de lucidité l’ivrogne plongea sa nouvelle pièce dans sa poche à proximité d’une croix chrétienne. Le diable retourna aux enfers. Jack ne fut plus perturbé par le diable et poursuivit sa vie d’ivrogne dans les tavernes jusqu’à sa mort. A ce moment-là il ne pût rejoindre le Paradis à cause de son existence d’oisiveté. Le diable lui refusa l’accès à l’Enfer. Jack a erré éternellement dans l’obscurité en s’éclairant avec une bougie placée dans un navet évidé.

Au XIX -ème siècle   les Irlandais fuient la famine et immigrent aux Etats-Unis. Ils perpétuent cette coutume outre Atlantique. Ils ne trouvèrent pas de navet pour perpétuer Halloween comme ils le faisaient en Irlande. En revanche ils trouvèrent des citrouilles à profusion. C’est ainsi que les citrouilles remplacèrent les navets.

Quels sont les business d’Halloween ?

Certes cette tradition a du mal à prendre en France mais certains secteurs boostent  leurs chiffres d’affaires fin octobre. En effet les français dépensent en moyenne 63 € pour cette fête. Quels sont les produits les plus achetés ?

Les bonbons :

Les bonbons représentent 52% des dépenses occasionnées pour cette fête. Le chiffre d’affaires du secteur en 2017 était de 83.94 millions d’euros. La fête représente 11.6% de l’activité annuelle des acteurs du secteur. C’est une date à ne pas omettre. La progression en valeur était de 0.1% par rapport à l’année précédente alors que les volumes ont régressé de 1.2% pour atteindre 13 532  tonnes (source étude Nielsen). Ceux sont les dentistes qui vont se frotter les mains !!! Pour les fabricants de confiserie Halloween est une véritable aubaine car le marché est en régression de 5% suite au sugar bashing et au mouvement anti-malbouffe (présence d’oxyde de titane, gélifiant, conservateurs…). Comment les industriels nous incitent-ils à acheter leurs produits ?

bonbons Halloween
bonbons Halloween

Ils utilisent plusieurs leviers pour booster les ventes en GMS.

La publicité :

Mi-octobre les flyers des grandes surfaces passent en couleur orange. Cette pratique peut paraître d’un autre temps mais est encore très efficace car l’année dernière la communication plus faible entraîna une baisse des ventes.

Les innovations :

La seconde astuce pour booster les ventes est l’innovation. Cette stratégie est valable pour tous secteurs en berne. Les fabricants de sucreries rivalisent cette année puisque :

Lutti propose :

– la SMOOFIZZ : la première pâte à mâcher piquante et végétarienne.

– Des bonbons qui dosent 40 à 50% de sucre en moins.

– Des formats de 25 à 30 grammes  idéaux pour les enfants.

Chupa Chups vend :

– Des sucettes SKULL (en forme de tête de mort)

L’expérience client :

Je vous l’ai déjà dit et le répète à mes étudiants : l’expérience client est l’élément prioritaire à travailler pour fidéliser les clients.  Sur ce point là aussi les industriels rivalisent d’imagination.  Ils théâtralisent de plus en plus les GMS. Elle vont bientôt devenir un parc d’attraction !!!

HARIBO aménage plus de 1 000 points de vente.

– L’entreprise WRIGLEY qui vent les SKITTLES propose des animations déguisements, des photocalls

La technologie s’invite également dans l’expérience clients sur le marché des friandises puisqu’Haribo propose un jeu en réalité augmentée. Pour cela clients scannent le QR code qui figure sur le sachet. Ils peuvent ainsi jouer à un jeu inspiré du Pokémon go.

 

Les citrouilles :

Le second poste des dépenses d’Halloween est l’achat de citrouille. Elles représentent 40 % du budget.

Cette cucurbitacée arrive en France au XVI -ème siècle suite à la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb qui la ramena dans ses cales. Ensuite elle fut  popularisée par Jean DE LA FONTAINE (le gland et la citrouille) et par Cendrillon de Charles PERRAULT. La production mondiale de citrouille avoisine les 19 millions de tonnes. Le podium est détenu  par la Chine (5.6 millions de tonnes) puis par l’Inde (3.5 millions de tonnes) et par les Etats-Unis avec 800 000 tonnes annuelles. La production française s’élève à 340 000 tonnes sur 3 600 hectares. La Provence produit 40% des cucurbitacées françaises. L’Aquitaine représente 10% des citrouilles tricoles. La consommation nationale s’élève à 1Kg par an par ménage. La première utilisation est pour constituer la décoration d’Halloween. Les applications secondaires sont pour faire de l’huile de cuisson et des friandises (graines). Nous importons d’Italie et d’Espagne pour répondre à nos besoins.

Les déguisements :

Les déguisements occupent le dernier poste de dépenses pour cette fête.  Le marché global des déguisements toutes manifestations confondues en France pèse 150 millions d’euros. En effet, Halloween est une réelle bouffée d’oxygène pour les professionnels car les ventes faiblissent pour le Carnaval. Les ventes se concentrent sur la première quinzaine d’Octobre. Pour attirer les chalands les magasins de costumes rivalisent d’imagination en proposant :

– Les costumes sur mesure,

– Des concours de sculptures de citrouilles,

– Plusieurs événements en magasin,

– Une série d’articles de blogs sur Halloween,

– Des séances de maquillage pour être le plus effrayant possible…

Et oui pour se différencier des sites E-commerce les magasins physiques vous proposent la plus horrible expérience client, mais cette fois ci c’est voulu…

Les parcs d’attraction

En outre, Halloween peut également se fêter entre amis ou en famille dans les parcs d’attraction ou zoos. Ces établissements surfent sur la vague orange pour poursuivre leur saison et attirer les touristes. La ménagerie du Jardin des plantes à Paris vous permet de découvrir des animaux terrifiants. Nigloland vous propose le village des sorcières. Europa park transforme 15 quartiers grâce aux 180 000 citrouilles, 15 000 chrysanthèmes, 6 000 pieds de maïs et 3 000  bottes de paille. Dépaysement et frayeurs garantis. Pour les plus accros les plusieurs soirées terrifiantes sont programmées. Elles sont réservées aux plus de 16 ans pour découvrir 5 maisons de l’horreur peuplées de créatures infernales ..

Les escapes games

Les escapes games fleurissent de partout. La mode ne semble pas encore s’essouffler. Pour apporter encore plus de sensations à leurs visiteurs certains profitent d’Halloween. C’est le cas du château de Thoiry qui vous invite à passer une heure dans ses caves dans lesquelles sont enterrés les ancêtres de la demeure.  Il est possible également d’essayer de résoudre des énigmes terrifiantes sur un bateau sur la Seine.

Comme d’habitude l’infographie vous résume l’article sur les origines et le business d’Halloween.

Infographie sur le business d'Halloween
Infographie sur le business d’Halloween

 

Et vous, succombez-vous à l’horreur d’Halloween en tant que consommateur ?

En tant qu’entrepreneur surfez-vous sur la vague orange ?

 

 

 

La Rose Des Ventes

Cabinet de conseil en stratégie commerciale.

 

 

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9 réponses sur “Les origines et business Halloween”

  1. Hello 🙂 Halloween, ça rapporte visiblement d’un côté, et ça coûte de l’autre alors 😉 Je ne suis ni pour ni contre personnellement. Je suis davantage dans la préparation des décorations de Noël que dans l’optique de fêter Halloween. Je pense que quand nos enfants seront plus grands, si ça leur fait plaisir, on s’amusera autour de ce thème aussi. A suivre 😉

  2. Habituellement tous les ans j’achète des bonbons pour les enfants du quartier. Deux gros paquets même parce qu’ils sont nombreux !!
    Sauf que cette année je n’en achèterai pas pour deux raisons.
    L’une nous avons des dépenses plus importantes ces derniers temps, et il y a pas de petites économies.
    L’autre, j’ai décidé d’arrêter de manger des bonbons, je suis passée aux pâtes de fruits.
    Donc je veux éviter les tentations :p

  3. Hello Céline,

    Décryptage très intéressant je ne savais pas que le marché du bonbon était en berne… Pour ce qui est d’Halloween personnellement ça n’est pas une fête que l’on apprécie chez moi enfin je dirais plutôt que ça nous fait « ni chaud ni froid » comme on dit. Je pense qu’en France c’est l’occasion d’occuper les enfants pendant les vacances et de faire une soirée déguisée pour les adultes mais pas une réelle fête que l’on célèbre.

  4. Merci beaucoup pour le point histoire de cette fête, qui est uniquement vu comme une fête commerciale en France. Entre ça et le côté « flippant », petits français que nous sommes avons du mal à lui faire une place. En tout cas elle en prend de plus en plus chez moi, j’ai presque autant de déco de Noël que pour Halloween ^^.

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