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Continuons notre analyse de l’éthique en entreprise. Après avoir étudié les clés de votre stratégie commerciale éthique dans le précédent article je vous propose de réfléchir à la relation entre éthique et écologie ? Pourquoi se pencher sur ces thèmes ci ? L’écologie est une réelle attente sociétale. Les consommateurs sont devenus des consommacteurs. Voyons comment lier business et respect de la planète. Quels outils pouvons-nous utiliser ?

R.S.E.

Le monde de l’entreprise intègre peu à peu l’éthique et l’écologie par la mise en place de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Késako la R.S.E ? Il s’agit de l’ensemble des pratiques mises en place dans l’entreprise dans le but de respecter les principes du développement durable. L’entreprise doit donc être économiquement viable en ayant un impact positif sur la société tout en respectant mieux l’environnement. C’est un sacré challenge !!! Comment fait-elle ?

Ecouter les attentes des consommateurs :

Les entreprises doivent faire évoluer leur fonctionnement pour répondre aux attentes de leurs consommateurs de plus en plus soucieux de la traçabilité de leurs achats, des modes de production et d’élevages… Les consommateurs se transforment en consommacteurs. La viralité des réseaux sociaux peut rapidement destituer des positions de leader. Danone a été victime d’une campagne de boycott ce printemps au Maroc. L’impact a été tel que le groupe a dû réduire sa collecte de lait de 30% pour faire face à la chute brutale de consommation. Il a dû se séparer de 886 personnes sur les 6 000 qu’il emploie. Les prévisions au premier semestre 2018 prévoient une perte de de 150 millions de Dirhams (13,5 millions d’euros) contre un bénéfice net de 56 millions de dirhams (5 millions d’euros). L’entreprise ne peut plus imposer ses produits comme elle le faisait dans le passé. Elle doit communiquer avec sa communauté.

Le respect de la réglementation :

La réglementation

La réglementation

Les gouvernements répondent à leurs manières à la lame de fond du développement durable en renforçant le cadre réglementaire. En France, les lois NRE obligent les entreprises à communiquer sur leurs performances en matière de développement durable. Les lois Grenelle et de Vigilance vont accentuer la pression.

La concurrence :

En respectant ce nouveau cadre réglementaire l’entreprise a tout intérêt de profiter de cette « contrainte » pour accentuer ses efforts en recherche et développement pour se différencier réellement de ses concurrents. Le groupe Accor a mis en place sa propre démarche Planète 21 (économie d’eau, réduction de la consommation de lessive, l’écoconception, programme de plantation d’arbres…). La communication de cette démarche auprès de ses clients lui a permis de se différencier.

Le télétravail :

Le nombre de salariés travaillant en télétravail se développe mais reste en retrait par rapport aux pays européens. Les chefs d’entreprise ont enfin compris que leurs salariés sont plus efficients lorsqu’ils travaillent à leur domicile. En outre le salarié gagne des heures perdues dans les transports. Cette modification des modes de travail bénéficie aux salariés, aux entrepreneurs et à la planète grâce à la réduction des émissions de CO2 et des particules fines.

De nouveaux métiers :

Cette transformation de la société permet la création de nouvelles activités, de nouveaux métiers.  En France, près de 900 000 personnes travaillent au sein d’éco-activités et périphériques. Ces chiffres émanent  du rapport d’activité 2017 de l’Observatoire National des Emplois et Métiers de l’Economie Verte. En onze ans le nombre d’emplois issu des éco-activités a bondi de 33%.

Greenwashing :

greenwashing

De nombreuses entreprises surfent sur le greenwashing. Mais qu’est ce cette pratique ? La traduction en français peut être écoblanchiment. Il s’agit de l’orientation de ses actions marketing et de communication vers un positionnement écologique alors que l’activité de l’entreprise engendre une pollution importante. Le but est redorer son image de marque. Les principales pratiques sont :

 – le verdissement du logo (Mac Donald est passé d’un fond rouge à vert alors que les hamburgers ne sont pas devenus bio).

 – Abus de langage avec « vert » ou « éco » (la lessive Le chat),

 – Abus de la mention bio alors que l’ensemble des ingrédients ne l’est pas

 – La création d’un label utilisé par une seule entreprise et non reconnu par les institutions

 – …

 L’ADEME a édité un guide anti-greenwashing pour protéger le consommateur. Il permet d’analyser le discours d’un fournisseur afin de déceler sa véritable éthique et action écologique.